Le métier de "Game Developer" avec Simon

Bonjour à tous,

Après l’article présentant le poste de graphiste, je reviens cette fois vous présenter le métier de Simon, notre « Game Developer » adoré.

À travers les réponses de Simon, vous découvrirez ce poste passionnant et si particulier, qu’on ne trouve que dans le milieu du jeu. Vous en apprendrez aussi un peu plus sur Simon, ce personnage très surprenant que nous vous proposons de découvrir dans son univers ;)

Alors Simon, première question ! Quelles sont selon toi les 3 qualités nécessaires à Game Developer ?

Simon :  Joueur   •  Curieux   • Passionné

Des qualités que notre Simon national possède, sans prétention aucune, et accompagnées - il faut bien l’avouer - d’un petit grain de folie. Mais avant tout parlons un peu de son parcours :

Issu de la jeunesse parisienne des années 80, notre game dev préféré à débuté au sein de Morning en Novembre 2015, après de multiples péripéties du côté de la capitale. Sans être fanatique du jeu de société, notre ami tâte tout de même de la carte et des pions, et c’est d’ailleurs en juin de cette même année que Simon décide de se rendre au festival Paris Est Ludique, où il découvre la Morning team et ses jeux ; et plus précisément ce fameux projet : HOPE.

Quelques mois plus tard, il voit passer une offre d’emploi venant de chez nous, pour assurer le Community management de la campagne Kickstarter de HOPE. Ayant déjà l’expérience et la connaissance du jeu de société, des médias de communication et aussi  de l’équipe Morning rencontrée à PEL, le profil de Simon a rapidement retenu notre attention. Voici comment son périple dans l’aventure folle du jeu de société commence.

Comment trouves-tu de nouvelles idées de mécaniques et de thématiques ?

Simon : « il faut se nourrir de culture ludique ! »

Après cette réponse énigmatique (et tellement caractéristique), Simon insiste sur le fait qu’il trouve son inspiration dans des sources et des domaines divers et variés : dans les livres, les films et séries, les jeux vidéos et en ligne, sans oublier la pop culture…

Cette veille dans tous les domaines à laquelle Simon s’adonne régulièrement a pour but de nous aider à comprendre les attentes du public, et à s’y adapter tout en innovant. Depuis qu’il est arrivé chez Morning, Simon s’emploie donc à “nourrir sa culture ludique” et ça passe également par de nombreux week-ends en festival (de jeu bien sûr), des playtests de prototypes réguliers, des sessions de jeu avec l’équipe tous les midis… Tout en gardant bien sûr un oeil sur ce qui se passe dans les autres domaines artistiques, ludiques ou non.

Ton top 3 des jeux de société du moment ?

3/ DRAGOON - 2/ PROFILER - 1/ SANTORINI

Dans les grandes lignes, ton travail ça consiste en quoi ?

Simon : « Accompagner les jeux Morning, du moment où on le découvre en tant que proto jusqu’au dernier moment où on les confie à notre usine ». Chez nous, Simon assure avant tout le lien entre l’ensemble de l’équipe et les auteurs avec lesquels nous travaillons déjà ou envisageons de travailler : retours des membres de la Morning team suite à un playtest, proposition de thématiques, ajustement de la mécanique, (ré)écriture des règles… Simon est en contact permanent avec nos auteurs.

Sa seconde mission, et non des moindres, est d’être à l'affût de nouveaux projets, les “ protos”, qu’il déniche dans les salons et festivals à travers le monde, aux soirées à thème organisées par des bars à jeux partenaires, directement dans notre boîte aux lettres (et même suite à un passage dans un incubateur de startups, dans un bar anglais et dans un commissariat pour les anecdotes les plus exotiques).

Il est donc en recherche permanente pour découvrir LA pépite, qu’il évalue d’après de nombreux critères (surtout personnels malgré tout). 

S’en suit de looongues discussions avec l’auteur, de nombreux playtests, des heures d’échange et de travail avec l’équipe ou l’auteur. Car un jeu n’arrive généralement pas tout beau tout prêt, Simon intervient en testant les mécaniques du jeu, en analysant ses failles, les équilibrages nécessaires, la thématique proposée par l’auteur, la rejouabilité et surtout l’amusement ressenti.

Tout ce travail, qui est un échange permanent avec l’auteur et qui requiert un fort esprit d’analyse et de synthèse, est réalisé dans le but de pousser la mécanique du jeu à 100% afin qu’elle soit la plus innovante possible, fun, adaptée à la thématique du jeu et que le jeu dans son ensemble puisse s’insérer dans la gamme de jeux Morning.

D’une idée ou d’une proposition, Simon est donc celui qui évalue, sélectionne, teste, fait évoluer, et conçoit des jeux de société ! C’est fun non ?!

Des conseils pour repérer les “bons” prototypes ?

Simon : « J’ai quelques trucs, mais comme quand tu achètes un jeu dans le commerce, il est impossible d’être sûr à 100% d’être en face d’un bon jeu après une partie, parfois on découvre en fouillant que c’était juste la première impression qui était bonne et parfois c’est l’inverse ! »

Tout d’abord, selon Simon, lorsqu’on développe un jeu ou qu’il en sélectionne un, il faut avant tout penser aux gens qui ne jouent qu’occasionnellement. C’est donc naturellement que Simon invite régulièrement des “casual gamers” comme on les appelle dans le jargon : certains membres de l’équipe moins joueurs que d’autres, des amis et amis d’amis ou même nos voisins. Eh oui, il est comme ça Simon !

Mais en effet, les joueurs les plus expérimentés vont essentiellement analyser la mécanique de jeu. Alors que pour les joueur occasionnels ou néophytes, tout est important : le thème, le buzz, le feeling, le matériel… Il faut donc prendre en compte de nombreuses variables. Et pour Simon, les plus déterminantes pour la sélection d’un prototype sont les suivantes :

  • L’amusement et les réactions des autres joueurs lors des parties.
  • La possibilité d’amélioration et de déclinaison de la mécanique.
  • Le feeling avec l’auteur.
  • Le petit je ne sais quoi qui rend le jeu unique.

Bien sur chaque prototype est différent et arrive avec son lot de fraîcheur et de bonnes idées, mais ce qui défini un bon jeu reste avant tout CE détail ou CETTE mécanique de jeu, qui va rendre le jeu unique en son genre et en faire un coup de coeur !

Toi qui fait de très nombreux festivals de jeu, quel est ton préféré ?

Simon : « Je n’ai pas vraiment de salons préférés, on retrouve les mêmes jeux et les mêmes éditeurs à peu près partout, ce qui compte c’est le côté humain et les rencontres faites sur chaque évènement ».

Je pense que cette réponse est la plus claire que j’ai pu tirer de cette interview de Simon :) On vous avait prévenu, il a parfois un petit côté “Otis”.

Mais en effet, si il n’y a pas de “meilleur salon”, on peut quand même les classer en 2 catégories : les salons à envergure internationale et ceux à échelle humaine. Et dans les 2 cas c’est la possibilité de voir de nouveaux auteurs, des projets, la concurrence, et de pouvoir échanger avec les joueurs.

J’ai tout de même pu avoir une confession et les salons que notre Game Developer affectionne tout particulièrement sont Le FLIP et L’Alchimie (et oui toulousaing!).

As-tu toi même tenté de créer un jeu de société ? Et si non, est-ce que ça te plairait ?

Simon : « C’est tricky !»

En effet, c’est une question assez difficile pour Simon, lui qui voit passer des quantités phénoménales de jeux par mois, et qui de plus à une culture du jeu assez développée. Pour lui, toutes les bonnes idées ont été exploitées et ré-utilisées à de multiples reprises, et pour faire un bon jeu il faut savoir faire abstraction de tout ce qui existe, afin de le rendre unique. C’est donc une questions à laquelle il n’a jamais vraiment pensé, et Simon est plutôt partisan du “pourquoi créer un jeu quand on peux jouer à des millier d’autres, sûrement meilleurs” ! 

Bien sûr, pour ceux qui veulent se lancer il faut juste savoir dans quoi vous vous embarquez et surtout avoir une vision assez large des jeux déjà existants, mais on ne compte pas moins de 800 jeux édités par an, alors COURAGE !!! :)

Voilà qui marque la fin de cet article sur le métier de « Game Developer » chez Morning, un grand merci à Simon, notre “créateur de fun”, qui a pris le temps de répondre à ces quelques questions et qui nous concocte des jeux d’une qualité sans pareil !

Jordane. 

 

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